Urgence Écologique : Pourquoi Certains Ne Passent Pas A L’Action ?

Faut se l’avouer à un moment donné…

On est une minorité à se bouger le popotin pour consommer ou vivre de manière écoreponsable.

La bonne nouvelle c’est que cette minorité grandit de jour en jour.

Yihaaaa !

Et quand je regarde autour de moi, tous ceux qui entament cette démarche, ne font jamais machine arrière. C’est donc qu’ils ont trouvé un mode de vie cool et sympa non ?

Est-ce une quête de sens qui est enfin assouvie ?

Va savoir Charles…

Mais si tous les gens qui se tournent vers l’écoresponsabilité le vivent super bien. Pourquoi tout le monde ne fait pas la bascule ?

Ça, c’est une vraie question ! Et on va essayer d’y répondre aujourd’hui.

Je vais donc te présenter 5 profils différents qui n’agissent pas pour changer les choses.

Alors, oui, je vais parfois dresser des portraits caricaturaux mais malheureusement, ils traduisent aussi une réalité.

Ceux Qui Nient L’Urgence Écologique

Bon, ben d’abord, tu as ceux qui se foutent et contrefout du climat, de la disparition d’espèces endémiques et autres conneries que les écolos ont inventé pour nous emmerder.

Eh oui… Pour eux, toutes ces idées ont été inventé par des imbéciles culpabilisateurs.

Peu importe que 99% des scientifiques de la planète soient d’accord sur l’urgence écologique, ils ont un jour lu une étude qui contredisait toutes les autres.

Et bien sûr, c’est celle-là qu’il faut croire !

Pourquoi ?

Tout simplement parce que c’est la seule qui conforte ce qu’ils pensaient déjà… c’est ce qu’on appelle le biais de confirmation.

Ces négationnistes (oui, c’est le mot), sont capables de croire tout, n’importe quoi et n’importe qui.

J’ai rencontré quelqu’un qui, un jour, m’a dit :
« Le réchauffement climatique, c’est des foutaises ! Même le Pr Raoult le dit ! »

Malgré tout le respect que j’ai pour ce professeur, ce n’est pas parce qu’il a une blouse blanche qu’il est compétent sur tous les sujets.

C’est sûrement un très bon épidémiologiste mais j’ai de forts doutes sur ses compétences en climatologie.

La légitimité sur un sujet ne donne à personne une légitimité universelle !

Même si c’est difficile à concevoir : Détenir une vérité ne signifie pas détenir la vérité absolue.

Au même titre qu’une personne qui dit une grosse connerie un jour ne dit pas forcément que des conneries…

Bref pour notre premier profil, l’urgence écologique n’existe tout simplement pas.

Et pas la peine d’essayer de le faire changer d’avis, c’est une perte de temps.

Ceux Qui Attendent Que Tout Le Monde S’y Mette

On entre dans des profils plus complexes maintenant.

En effet, ils ont bien conscience que l’urgence écologique est préoccupante mais pourtant, ils ne passent pas à l’action.

Premièrement, tu retrouves ceux qui pensent que les actions individuelles ne servent à rien.

Qu’il faut que tout le monde s’y mettent pour faire changer les choses.

Ils n’ont donc aucun intérêt à passer à l’action en premier car pour eux, cet investissement seul, n’a aucune valeur.

Là où leur raisonnement ne tient pas c’est qu’ils partent du postulat qu’il faut que 100% des gens changent pour faire changer le monde.

Grosse erreur.

Même si ce n’est pas intuitif, il faut savoir que ce sont toujours les minorités qui gagnent lorsqu’elles ne s’opposent pas à la majorité.

Par exemple, dans un barbecue avec 10% de végétariens, l’organisateur proposera majoritairement des plats sans viande.

Un autre exemple factuel ?

Aux États-Unis, 1% de la population mange kasher. Pourtant pratiquement toutes les boissons y sont kasher.

Pourquoi ?

Tout simplement pour ne pas se couper d’1% du marché américain. Après tout, les 99% restants se foutent que leur boisson soit kasher ou pas.

Si demain, 10% seulement de la population ne consommaient que des produits écoresponsables, la transformation des rayons de nos supermarchés s’en trouverait grandement accélérée !

Cette réflexion n’est pas intuitive et c’est pour ça que nombreux sont ceux qui attendent un mouvement massif vers l’écoresponsabilité avant de s’y mettre.

Ceux qui attendent tout du politique.

« Pourquoi devoir faire quelque chose ? J’ai déjà voté il y a 3 ans et l’autre jour, j’étais à une manif sur le climat. Quand est-ce que nos politiques vont se bouger les fesses ! »

Voilà, tout est dit.

Pour ces profils, on ne change la donne que par la loi. Et si notre candidat n’est pas élu et notre voix minoritaire… ben, pas de bol.

En misant tout sur le politique, on lui donne plus de pouvoir qu’il n’en a et on se prive aussi de toute initiative individuelle. C’est triste, frustrant et du coup, il y a de quoi être soit désespéré, soit en colère.

Attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit !

Oui, des décisions politiques peuvent accélérer la transition, mais ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas prises, qu’il faut râler et ne rien faire.

Revendiquer ne suffit pas !

Il faut agir maintenant et comme dit Gandhi : « Être le changement que tu veux voir dans ce monde ».

Ouah ! C’est beau ce que je viens de dire… mais c’est du bullshit pour ceux qui attendent des actes politiques.

Pour eux, les consommateurs sont de pauvres innocents fragiles, et les politiques sont des vendus à la solde des lobbies de multinationales diaboliques.

Ce schéma de pensée est fort sympathique quand on veut se dédouaner de toute responsabilité.

La vérité est souvent beaucoup plus complexe avec des responsabilités partagées entre politiques et citoyens, entreprises et consommateurs

Ceux qui voient toujours un problème

Alors eux, ce sont mes préférés.

Il sont d’accord sur la nécessité de changer les choses, d’accord pour s’engager activement mais malheureusement, toutes les alternatives ont un détail même rikiki qui justifie de ne pas aller plus loin.

Il usent et abusent de créativité pour ne rien changer à leur mode de consommation sous couvert que rien n’est assez « écolo ».

Typiquement, ils prennent leur 4×4 diesel pour aller acheter le pain parce que :
« Tu comprends, pour produire l’énergie des voitures électriques, ben… il faut du nucléaire ou du charbon. Et puis, tu as vu le bilan carbone de la fabrication d’un vélo ? Non merci, pas pour moi. »

Ils sont d’une malhonnêteté inimaginable. Le pire, c’est qu’ils te disent ces trucs avec un tel aplomb que ça en est déconcertant.

« Composter ses déchets ? Minable… »

Alors que même que tu es engagé, tu te sens obligé de justifier chacune de tes actions face aux accusations sur des détails de ta démarche.

Parce qu’en plus, ces casses-c@#!&#… pieds, ils sont virulents. Ils s’acharnent à te démontrer que ce tu fais au quotidien, c’est pire que de ne rien faire !

Là aussi, il y a un énorme biais de confirmation.
« Je sais que mon mode de consommation n’est pas écoresponsable. Mais en même temps, aucun mode de consommation ne l’est parfaitement. Et plus je tape fort sur les points faibles des projets écoresponsables, plus je me rassure à consommer n’importe quoi. »

Perso, j’ai beaucoup de mal à entretenir une discussion constructive avec ce profil de personne.

Ceux Qui Pensent Qu’il Est Déjà Trop Tard

Eh oui, il y en a.

« Politique, Consommacteurs… On s’en fout, tout va s’effondrer. !
Plutôt que de se consacrer à empêcher l’effondrement, il vaut mieux préparer l’après. »

Ils ont peut-être un temps d’avance sur moi.

Peut-être que je le regretterai dans 10 ou 20 ans.

Mais je ne peux me résigner à voir le monde partir en cacahuète et ne rien faire.

C’est mon côté Don Quichotte.

Je suis persuadé qu’à travers mes actes du quotidien et ce blog, je ferai avancer la situation de quelques centimètres dans le bon sens.

Quelle naïveté devant l’ampleur de la tâche à accomplir...

Entre les adeptes de l’effondrement et moi, ce sont 2 visions du monde et de nos rôles sur Terre qui s’opposent.

Cependant, ces profils sont souvent super-intéressants car ils ont développé une véritable réflexion sur l’après effondrement.

Les discussions sont passionnantes !

Et puis, j’espère que si tout s’écroule, que je ne suis pas prêt pour le monde d’après et qu’eux, oui… ils me feront une petite place à leurs côtés.

Face À L’Urgence Écologique, On Fait Comment ?

On vient de dresser le portrait de 5 profils de personnes qui ne passent pas à l’action.

J’ai grossi le trait pour chacun d’entre eux. Mais en fait, c’est plus complexe que ça.

Certains ont une pincée de celui qui attend une solution du politique, et une cuillerée de celui qui voit toujours un problème…

Ce qu’il faut retenir aussi, c’est que nous étions « ces gens » il y a peut-être quelques années.

L’urgence écologique implique une transition de notre modèle de pensée à tous. Et on n’avance pas tous à la même vitesse !

Une transition culturelle ne se fait pas à grands coups d’injonctions : « Tu dois.. », « Il faut… » mais commence toujours par une prise de conscience personnelle.

Bizarrement l’écologie (comme d’autres thèmes) est un sujet clivant. On est soit 100% pour passer à l’action, soit 100% contre faire le moindre petit pas.

Dans ce contexte d’idéologies différentes, débattre n’a que peu d’intérêt. C’est une perte de temps pour les 2 camps.

Le plus efficace reste d’agir et prouver par nos actions les avancées d’une économie responsable, d’une écologie du quotidien.

Agissons, faisons partie de cette minorité qui entraîne la majorité dans son sillage.

Et, petit à petit, année après année, cette minorité deviendra la norme !

Est-ce qu’il sera trop tard ?

Je ne me risquerai pas à demander aux collapsologues…

Sources :

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