Les Paradoxes D’Une Vie Écoresponsable (ou presque…)

Oui, je me la pète avec mon mode de vie écolo.

Oui, je suis fier comme un coq après avoir fabriqué ma lessive, mon gel douche et autres conneries.

Oui, j’ai la banane en voyant les vers de mon lombricomposteur se croire en boîte de nuit tellement ils se régalent avec mes déchets.

Mais tout ça, c’est quand je suis avec ma famille, mes potes ou quand j’écris sur ce blog.

En fait, le soir, juste avant de m’endormir, quand je suis seul avec mes pensées : je doute.

Tout ça, c’est de la rigolade face à certains de mes choix de vie catastrophiques pour la planète.

C’est un article très personnel que je m’apprête à écrire mais en même temps, j’imagine que beaucoup d’entre nous sont dans ma situation.

Après les écolos terroristes, les écolos bobo, laisse-moi te présenter un écolo schizo… Car il y a de quoi devenir complètement schizophrène entre des envies d’une vie 100% écoresponsable et une realité beaucoup plus contrastée.

Une Journée Dans La Peau D’Un Écolo Schizo

Ma journée est truffée de paradoxes.

D’un côté, je consomme uniquement ce dont j’ai besoin.

Quand je dois acheter un truc, je privilégie l’occasion, le local, le bio… et ce que je peux faire moi-même si pas d’alternative accessible.

Dis comme ça, c’est beau, magnifique et je peux même deviner une larme d’émotion couler le long de ta joue.

Minute !

Ok, c’est bien joli tout ça mais j’ai une merveilleuse famille et un prêt sur le dos.

Du coup, il faut ramener un peu d’argent à la maison.

Dure réalité…

Ma femme n’est pas trop dans le délire consommation responsable et elle me laisse gérer tout ça du moment que sa vie n’est pas trop chamboulée.

Tout plaquer aujourd’hui n’est clairement pas possible.

Je dois continuer à vivre au milieu des règles consuméristes encore quelques années… Je suis encore jeune mais je me fixe maximum 10 ans à jouer selon les règles de cette société.

Du coup, je me retrouve à devoir travailler en usine : temple de la pollution.

A faire 80km/jour pour pouvoir bosser.

Ne pas pouvoir le faire en voiture électrique car je n’ai ni les moyens de changer ma caisse ni la possibilité de la recharger.

T’as pensé à tirer une rallonge de 300m depuis ton balcon ?

Et puis, j’ai failli oublier !

Ma femme est asiatique… On traverse la planète en avion une fois tous les 2 ans pour faire un coucou à ses parents, sœurs et nièces. Un aller-retour en avion, ça douille en matière de CO2.

Tout ça combiné, peu importe les efforts que je fais, je me retrouve à polluer tous les jours bien plus que je ne le voudrais !

C’est Le Moment De Déculpabiliser

C’est pourquoi le soir, je me retrouve dans le noir comme un peuchère à me dire que les efforts que je fais sont une vaste blague.

Mais ça, c’était avant.

J’ai arrêté de culpabiliser, de voir tout ce qui n’allait pas dans ma vie comme si j’en été le seul coupable.

Responsable oui, mais pas coupable.

La nuance est fine mais de taille.

A Paris, on a droit au métro-boulot-dodo mais dans ma province natale, on est bagnole-boulot-dodo.

Ça pollue plus mais j’ai pas le choix.

Trouver un taf n’est pas chose aisée. Ma femme et moi bossons à 40km de distance. On a décidé que c’est moi qui ferais les trajets et pas elle.

Me sentirai-je moins coupable si on faisait l’inverse ?

Non.

Ai-je la possibilité de quitter mon job maintenant ?

Non.

Et mon aller-retour en avion tous les 2 ans alors ?

L’éloignement est déjà assez dur pour ma femme !

Mes choix de vie passés et mon coeur ont placé des contraintes sur mon chemin. Le challenge vers une vie 100% écoresponsable est d’autant plus excitant !

Ce serait trop simple si je pouvais résoudre ces paradoxes d’un claquement de doigt.

Je suis comme la société. Elle est en transition. Moi aussi.

La bonne nouvelle, c’est que j’ai un plan…

Pourquoi Ne Pas Tout Plaquer ?

Je crois sincèrement à une transition de notre société et ce n’est pas en la quittant et en vivant en marge que j’aurai des chances de la transformer.

Dans ma vie perso, j’arrive à gérer le grand écart. Et je suis en train de convertir ma douce et tendre vers mon mode de vie.

Douce et tendre ? Ça se voit que tu ne l’as pas vue de mauvais poil à 06h du mat’ !

Mais le grand écart est plus compliqué au niveau pro.

Je n’ai certainement pas pour ambition de continuer à travailler en usine et faire 80 bornes / jour.

Ce blog est la première pierre de mon plan.

En premier lieu, il m’aide à structurer mes pensées, à approfondir un sujet complexe : la transition vers une économie responsable.

Clairement, avec ce blog, je ne m’attends pas à devenir le prochain Jeff Bezos (je tiens trop à mes cheveux).

J’espère surtout faire des rencontres humaines et découvrir des projets ambitieux auxquels je pourrai donner un coup de main.

Comment ?

J’ai quelques compétences sur le net et en management de projets (rien à voir avec mon job actuel).

Mon but caché, c’est de prendre part à une aventure impactante dans le monde tel qu’il est aujourd’hui !

Mince, maintenant que c’est écrit, ce n’est plus vraiment caché…

Bon, puisque j’ai commencé, on va tout mettre sur la table :
J’aide les projets (entreprises, associations, commerces) qui s’inscrivent dans une démarche écoresponsable.

Je ne demande rien en échange.

En fait si : de l’expérience, un réseau et de la bonne humeur !

Tous les coups de pouce que je propose ont pour but de changer le monde et ma vie.

Chacune de mes actions m’éloigne un peu plus de ma vie pro actuelle pour développer des projets responsables et encrés dans l’économie réelle.

On verra où cela me mènera…

Voilà l’histoire d’un écolo plein de paradoxes.

Voilà l’histoire d’une écolo schizo.

Voilà mon histoire et je continue de l’écrire.

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