L’Effet Papillon Peut-il Sauver la Planète ?

Depuis des siècles de nombreuses personnes se battent pour savoir si, oui ou non, l’effet papillon existe.

La célèbre guerre du papillon au XIXème siècle ? Ça te dit quelque chose ?

Non ?!

Bon. C’est normal, je viens de l’inventer.

En fait, ça fait peut-être pas des siècles que ça dure…

Et puis, il n’y a peut-être pas grand monde que ça intéresse car quand je dis de nombreuses personnes, je pense à mon frère et moi.

Et oui… les repas de famille sont animés !

Quand je suis un fervent défenseur des actions du quotidien pour changer les choses, mon frère me répond que : « Tout ça, c’est des conneries qui ne servent à rien… de la merde je te dis ! »

Tu reconnaîtras le naturel empathique et à l’écoute de mon frère.

En même temps, c’est pour ça qu’on l’aime. Et je dois t’avouer qu’il a souvent raison (mais je ne lui dis jamais…).

Bref, sur l’effet papillon, par contre, on est en désaccord profond.

C’est pour ça que je souhaite écrire cet article. Pour le moucher au prochain repas !

Et accessoirement, cette « étude » peut aussi t’intéresser.

L’effet papillon : kezako ?

Tout est parti de cette phrase connue de tous :
« Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? »

On pourrait penser que cette idée vient d’un poète créatif ou d’un visionnaire : Hemingway ? Martin Luther King ?

Et bien non, c’est Edward Lorenz qui en a parlé en premier.

Edward qui ?

Edward Lorenz n’est ni un poète, ni un pasteur… c’est un météorologue américain né en 1917.

L’effet papillon est en fait le titre d’une conférence qu’il a animée en 1972.

Et depuis, ce concept est devenu célèbre, laissant son auteur dans un complet anonymat.

Il est devenu la meilleure représentation d’un phénomène scientifique découvert par Henri Poincaré : la sensibilité aux conditions initiales (la base de la théorie du chaos).

« On s’en fout de ton truc, là… »

Mais, après la météo et les mathématiques, l’effet papillon a réussi à s’imposer dans notre quotidien.

On en a même fait un film en 2004 !

En gros, on pourrait le traduire par :
« Toute action ou décision aussi petite et insignifiante soit-elle peut avoir un impact considérable sur le monde »

ou encore

« Petites actions, grandes conséquences »

« Là j’ai compris ! »

Ça, c’est pour la théorie.

Mais utiliser l’effet papillon dans quel but ?

Pour sauver la planète pardi !

Pourquoi l’effet papillon est une force ?

Ok.

Trier et limiter ses déchets, consommer local, limiter l’utilisation d’énergie fossile, limiter sa consommation tout court … à l’échelle individuelle c’est à mourir de rire.

Je vis autour de l’étang de Berre. Et les couchers de soleil ressemblent parfois à ça :

Ça fait rêver hein ?

Il est certain que mes quelques déchets ne sont rien comparés à ces usines.

Seulement à la fin de l’année, ça représente un peu et à l’échelle d’une vie encore un peu plus.

Mais si on le fait tous, ensemble. Le résultat est d’un coup significatif.

Je reçois souvent une remarque à ce sujet.

« Tu t’emmerdes tout seul dans ton coin pendant que le reste de la population n’en a rien à faire… tes actions sont inutiles ».

Si tout le monde pense ça, on n’avancera pas. Il faut bien que quelques huluberlus commencent. Et montrent aux indécis qu’ils peuvent se lancer aussi !

Et devine quoi !

Je viens de te balancer là, innocemment, l’utilité de l’effet papillon.

Démarre aujourd’hui une ou des actions qui vont faire bouger les choses.

Certes, toi, seul dans ton coin, ça ne sert à rien.

Mais en faisant ça, tu vas montrer au reste du monde (ou au moins à ton entourage) qu’une autre voie est possible et peut-être persuader 2 ou 3 personnes de s’y engager.

Et tu sais quoi, si ces 2 ou 3 personnes convainquent elles aussi 2 ou 3 personnes, on obtient une courbe exponentielle !

Avec seulement un facteur x2

C’est ce que les traders de Wall Street appellent : « les intérêts composés ».

Mais au lieu que ça nous serve à booster notre portefeuille d’actions Total, ça nous servira à faire de ce monde, un monde meilleur !

C’est ça réellement la force de l’effet papillon : une goutte d’eau qui transforme des grains de sable en goutte d’eau qui à leur tour transformeront des grains de sable…

Et c’est comme ça qu’une goutte d’eau crée un océan.

Mais au final, est-on sûr que nos actions du quotidien entraîneront un effet de contagion ?

Certains te diront que oui et d’autres que non…

« Tu m’prendrais pas pour un con ? »

Heureusement, pour mettre tout le monde d’accord, des scientifiques se sont penchés sur le sujet 😉

Les preuves scientifiques

En 1948, à Framingham aux Etats-Unis, la Harvard Business School lance une étude pour mesurer l’impact de l’hygiène de vie sur les risques cardio-vasculaires.

Cette étude a été très bien documentée et fut l’une des rares à suivre plusieurs milliers de personnes pendant plus de 2 décennies.

L’accumulation de données fut phénoménale !

Jusque-là, rien à voir avec l’effet papillon. On ne s’attardera donc pas avec les résultats de cette étude.

Ce n’est qu’en 2002, qu’un petit malin du nom James Fowler (docteur à Harvard quand même), s’est penché de nouveau sur les données recueillies à Framingham.

Il a réalisé un travail titanesque en recoupant de manière complètement différente ces 21 années de data.

Au lieu d’observer les effets de l’hygiène de vie sur la santé, il a recoupé l’hygiène de vie des participants en fonction de leurs liens, de leurs relations.

Le résultat fut incroyable !

Les personnes qui connaissaient un proche qui avaient grossi durant les années précédentes, avaient 57% de chances de voir leur indice de masse corporelle augmenter.

Ce chiffre tombait à 32% si c’était la connaissance d’une connaissance et à 10% pour les personnes du 3ème cercle.

Résultat :
Si la belle-mère de mon voisin grossit cela risque d’influer sur mon propre poids !

  « Au secours la belle-doche rapplique »

Le truc le plus incroyable, c’est que ce principe fonctionne avec la dépression, la consommation de cigarettes, d’alcool…

Mais aussi et heureusement avec des choses beaucoup plus positives comme le sport, le bonheur, la générosité…

Donc oui, mon comportement influence celui de mon entourage qui fera de même avec son réseau.

On a là, la preuve que mes actions du quotidien peuvent se propager de proche en proche… pour finir par changer le monde !

Je te sens encore sceptique là…

Oui ?

Et bien James Fowler sentait bien que quelques voix allaient s’élever contre son étude.

Du coup, en 2010, il a tenté une nouvelle approche pendant les élections présidentielles américaines. Une notification facebook, précisant qu’on est allé voter, envoyée à 60 millions de personnes, a augmenté le scrutin de 340 000 votes.

Et le plus étonnant c’est que ce message a été relayé un paquet de fois. Il a parfois influencé les amis des amis du destinataire du message original.

Un simple message qui ne demande rien, qui n’incite à rien mais qui précise juste ce que l’on vient de faire a eu un impact incroyable.

Alors imagine un peu ce que tes actions amènent auprès de gens qui te voient agir fréquemment !

Les limites de l’effet papillon

Alors, magique l’effet papillon ?

En fait pas vraiment.

En plus, il peut avoir l’effet inverse.

Quand moi je bataille avec mes actions du quotidien, tu peux très bien avoir mon voisin en mode « bats les couilles » qui montre au même entourage que ça ne sert à rien.

Nos effets s’annulent-ils ?

Je ne pense pas.

L’être humain à sacrifice égal, préfèrera toujours les actions qui améliorent les choses, qui ont du sens.

Donc, je suis certain qu’à travers nos actions du quotidien positives, les ailes de notre papillon produisent une onde qui ira beaucoup plus loin.

Pour ceux qui n’ont pas compris la métaphore : on convaincra beaucoup plus que le pèquenot qui s’en branle !

Seulement voilà…

Convaincre grâce à l’effet papillon, c’est long… très long même.

Le hic, c’est qu’il y a urgence.

Et tout miser sur les bienfaits de l’effet papillon est une erreur.

Faire all-in sur les actions du quotidien ne changera pas la planète

Au final, mon frère n’a pas totalement tort quand il me dit que tout ce que je fais ne sert à rien.

Ok frérot, tu marques un point.

Mes actions du quotidien (mon battement d’ailes), n’auront un impact réel que dans des dizaines d’années.

Seulement, je ne fais pas que ça !

Je soutiens des entreprises et associations éthiquement et écologiquement responsables.

A travers ce blog, je porte aussi mon message bien au-delà de mon réseau habituel pour persuader toujours plus de monde que :

Changer les choses collectivement passe par un changement individuel de notre manière de consommer.

Sources :

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