Greenwashing : Comment Ne Plus Tomber Dans Le Piège ?

Ahh l’écologie…

Ça sent bon la nature, le bien-être, les petits oiseaux qui chantent, les bougies parfumées et les jus de goyave bio…

Tu la vois venir l’arnaque non ?

En quelques mots, je passe de la nature à un produit à te vendre.

C’est tellement puissant comme message que je pourrais te faire acheter un fruit dégueulasse qui a traversé la planète à bord d’un cargot qui sent le fuel.

C’est tellement puissant que je pourrais te faire acheter un non-sens écologique sous couvert de faire du bien à la planète.

Mais ne t’inquiète pas, je ne le ferai pas.

Moi non.

Mais d’autres le font tous les jours !

On appelle ça du Greenwashing ou en bon français, du blanchiment écologique.

C’est exactement le sujet du jour. Tu vas voir, on ne va pas s’ennuyer.

GreenWashing : Kezako ?

Tu as forcément vu une pub à la télé ou sur Internet qui t’a fait sourire.

En la voyant, tu t’es dit :
« Eux, ils nous prennent vraiment pour des cons »

Eh bien c’est exactement ça le Greenwashing.

Utiliser le marketing pour véhiculer un message écologique même si l’entreprise n’en a rien à secouer.

L’important, c’est que le message se fasse un chemin vers notre petit coeur tout fragile…

Une fleur et un chaton : le combo gagnant !

L’important, c’est que le message doit changer nos perceptions d’une entreprise.

L’important, c’est de faire croire qu’en achetant un produit, on pense sauver la planète.

Malin non ?

Après tout, de plus en plus de gens comprennent les enjeux de la mondialisation et du réchauffement climatique.

Les scientifiques disent tous qu’il y a urgence.

A force, on veut faire quelque chose… mais quoi ?

Réduire notre consommation ? Consommer local et de saison ?

Non, surtout pas malheureux !

C’est pas bon pour les affaires.

Alors les directeurs marketings se sont réunis.

«
– Alors Jean-Claude, nos figues du Guatemala bourrées de pesticides vont avoir du mal à se vendre dans ce contexte… tu as une solution ?

– Bien sûr, Polo, on va changer l’emballage. Il manque un peu de vert. Le Vert, c’est bien, ça fait penser à la campagne.

– Bingo ! T’es un génie Jean-Claude ! »

Malheureusement, j’exagère à peine…

On va tenter d’analyser, les différentes techniques utilisées par les entreprises pour nous vendre n’importe quoi en utilisant notre fibre écolo.

Greenwashing ou la course aux labels

Une technique courante de Greenwashing est de tamponner, sur les emballages, la mention d’un label.

Et tu en veux, toi, des pictogrammes sur tes produits ?!

Pouah ! Ça fait mal au crâne !

Un pour le bio, un autre pour le recyclage, un encore pour l’écoresponsable….

Ouf, heureusement qu’on sait tous, ce qu’il veulent dire !

Mais c’est sûr ça ?

On sait ce que veulent dire tous les labels ?

Hummm…

Voyons ça.

Le label le plus courant concernant le bio est le logo AB

Pourtant ce qu’on sait moins, c’est que ce label, appliqué aux élevages, autorise les OGM à moins de 0,9% et les traitements « limités » aux médicaments et antibiotiques.

C’est pas la panacée en fait.

A côté, tu retrouves, par exemple, le label Bio Cohérence.

Hein ?! C’est quoi ça ?

Effectivement, personne ne connaît.

Mais il est plus exigeant que le label AB : pas de coexistence bio/non bio, 0% d’OGM, 100% de bio pour les produits transformés et beaucoup plus restrictif sur les médicaments.

Mais malheureusement, tu retrouves aussi des labels autoproclamés que personne ne comprend et ne sait ce que ça veut dire.

L’avantage ?

Ça en jette sur l’emballage ! C’est vendeur bordel !

En vrac, tu peux retrouver ces types de logos :

Là, on vient de faire un zoom sur le bio car c’est le marché en plein boom.

Sois rassuré, tu retrouves ce même principe pour le commerce équitable, le recyclage et bien d’autres…

Pour le plaisir : il veut dire quoi ce label ?

Recyclable ou moins en partie ?

Pas du tout, il veut seulement dire que l’entreprise adhère à un système de contribution financière pour le recyclage des déchets.

Autant dire que tout le monde peut apposer ce logo sur son produit…

Décortiquons le Greenwashing

Le Greenwashing n’est pas qu’une question de label.

C’est un enjeu de perception de la marque, un enjeu de communication.

C’est le jeu du « Qui aura l’image la plus éco-friendly ? »

Et dans ce jeu, on retrouve du Total, Volkswagen, Nutella… bref, tous ceux qui ont une mauvaise réputation.

Le Greenwashing est vraiment l’arme absolue pour se redorer le blason.

« 

– Mais Jean-Claude, les gens ne sont pas cons, ils ne se feront pas avoir ?

– Écoute Polo, ça ne coûte rien d’essayer. Et puis souviens-toi ce qu’ont dit les rois du marketing :

« Il ne faut pas prendre les gens pour des cons mais il ne faut pas oublier qu’ils le sont » (Les Inconnus, 1992)
»

Détaillons maintenant les techniques marketing des champions du Greenwashing.

Mensonge par omission

La plupart du temps, l’entreprise va faire un zoom sur une action éthique ou responsable même si c’est une goutte d’eau dans son business.

Les banques sont généralement les spécialistes là-dedans. Elles vont mettre en avant leurs financements verts ou auprès d’ONG.

Elles vont beaucoup parler de leur rôle majeur dans la construction d’un parc éolien et oublier, bizarrement, leur engagement dans un projet de plateforme pétrolière, de centrale à charbon…

C’est normal me direz-vous…

Mais est-ce vraiment honnête de faire un tapage monstrueux autour de l’écologie quand la balance est clairement négative ?

Ce procédé est flagrant chez les banques, mais on peut le retrouver un peu partout.

L’émotion vend plus que les chiffres

Les données chiffrées… ce n’est pas très vendeur à côté d’un agneau qui vient de naître.

N’est-pas Intermarché ?

Une histoire d’amour autour d’un poireau, un enfant qui joue le long d’une rivière pour vendre du jambon, un éthiopien au sourire communicatif pour du café équitable…

Ça, ça prend les tripes.

Ça, ça fait sortir le portefeuille du prospect en lui donnant l’impression de faire une bonne action pour la planète.

Et puis, ça ne coût rien !

Pas besoin de payer un cabinet d’audit indépendant afin de fournir des données transparentes sur l’impact social et écologique sur le monde.

Waouh ! On a trouvé le filon !

Et puis, les consommateurs ne vont pas s’imaginer qu’on leur montrerait un truc qui n’existe pas.

Ils se diront que forcément, une entreprise ne peut pas mentir, qu’il y a bien un organisme de contrôle…

Le Greenwashing et la Régulation

En France

Et les consommateurs ont raison.

L’ARPP ou Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, est chargé de surveiller ce petit monde tout mignon de la publicité.

Histoire qu’on ne nous raconte pas que des salades…

Un petit tour sur leur site et on découvre leur mode de fonctionnement : les entreprises financent et les représentants des professions publicitaires dirigent.

Mince, y a un problème là non ? On nous prendrait pas pour des jambons ?

Et puis, histoire de ne pas être trop méchant, cet organisme n’a qu’un rôle consultatif…

Enfin, pour vérifier l’éthique d’une publicité, ils se basent sur les données fournies par l’entreprise.

Un magasine d’investigation (Cash Investigation) avait épinglé Volvic lorsqu’ils sont passés au bouchon vert avec un sport publicitaire autour de leur bouteille plastique.

Ils vantaient leur démarche écologique car la bouteille passait de 0% à 20% de plastique recyclé.

Ce n’est pas énorme certes mais là n’est pas le problème.

L’ARPP a donné son approbation au spot publicitaire sans vérifier à aucun moment le pourcentage réel de plastique recyclé dans les bouteilles (en l’occurrence 10% à l’époque).

Bon, c’est quand même mieux que rien non ? Nos voisins font pareil j’imagine…

Ailleurs dans le Monde

Comme souvent en matière de consommation responsable, la France n’est pas exemplaire.

Est-ce qu’on pourrait trouver des pays plus engagés pour lutter contre le Greenwashing ?

Oui et heureusement.

Ainsi, le Canada interdit toute communication écologique lorsque les revendications sont vagues.

Là-bas, ils ne peuvent pas jouer uniquement sur l’émotion. Il faut des données factuelles pour se prétendre « naturel » ou « écolo ».

En Australie, en cas de tromperie autour d’une démarche écologique, l’entreprise risque 6 millions de dollars.

Et c’est en Norvège qu’il faut être prudent si on veut faire du Greenwashing…

Il est clairement interdit de prétendre qu’une voiture est éco-friendly ou verte… car il est admis que cette industrie est néfaste pour la planète. Peu importe le modèle.

Au moins, c’est dit.

Voilà de quoi s’inspirer de ces pays.

Conclusion

Le Greenwashing a un bel avenir devant lui… et surtout en France !

Peu ou pas de régulation, des labels qui poussent comme des champignons et une confiance « aveugle » du grand public dans les messages verts des entreprises.

Je vais te donner une petite astuce :
Lorsqu’une entreprise utilise l’émotion pour communiquer sur son côté écoresponsable, j’ai tous mes sens qui se mettent en alerte.

L’émotion, c’est mignon. Les données factuelles, c’est mieux.

Tant qu’on ne me donne pas de données précises, je ne considère pas une entreprise comme écoresponsable.

  • « Travail en collaboration avec une ONG » : Sur combien de projets ? Tous ?
  • « Commerce équitable » : quel organisme l’a validé ? Pour tous les composants du produit ?
  • « Bio » : selon quel label ? Est-il indépendant ?
  • « Naturel », « Respectueux de l’environnement » : là ça ne veut rien dire…

Mais rassure-toi, toutes les entreprises ne font pas de l’écoresponsabilité uniquement un enjeu de communication.

Non, il existe des entreprises éthiques qui détaillent vraiment l’impact environnemental de leurs produits, leur origine et leurs conditions de fabrication…

Ce n’est pas du Greenwashing, c’est simplement le coeur de leur projet !

Certes, elles n’ont pas pignon sur rue et il parfois difficile de les trouver. C’est pourquoi, je t’ai dressé une petite liste afin de t’aider à consommer mieux.

Bien sûr cette liste n’est pas exhaustive et j’espère qu’elle sera amenée à grandir au fur et à mesure des années.

Pour la télécharger, c’est par ici !

Sources :

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