Google est ton ami… ou pas ?

Question existentielle aujourd’hui !

« Alors Google, c’est notre ami ou pas ? »

Rassure-toi, je vais essayer d’argumenter un peu et ne pas m’arrêter à un simple : « Yes ! Google est ton ami ! » ou bien : « Non ! Google, c’est le diable ».

Honnêtement, avant d’écrire cet article et d’entamer mes recherches, j’avais un a priori… que tu vas très vite découvrir 😉

Suspens…

Pour tout te dire, j’ai été pendant longtemps un tout Google. J’utilisais quasiment tous les services mis à ma disposition.

J’en faisais la promotion autour de moi.

Mais depuis, j’ai pris un peu (beaucoup ?) de recul tout en gardant une certaine admiration pour cette marque.

Une fois cela dit, je peux donc sereinement te donner mon point de vue sur le G de Gafa.

Google en quelques chiffres (ultra-rapide car c’est chiant)

Google (ou plutôt Alphabet qui est la maison mère) annonce des chiffres qui font tourner la tête ! C’est un véritable mastodonte de l’économie mondiale et on ne voit pas comment il pourrait ne pas le rester.

Google en chiffres, ça donne quoi ?

Son Chiffre d’Affaires s’élève à 161 Millards de dollars et il a été multiplié par plus de 4 en 8 ans ! Pas mal…

L’entreprise emploie plus de 100 000 personnes à travers le monde.

Ça, c’est pour les données macro. Entrons un peu dans le détail, service par service.

Google Search (le moteur de recherche) est le site le plus visité au monde (62,19 millards de visites/an) et le moteur de recherche n°1 (92,18% de parts de marché !).

Et pour la petite blague : « Savez-vous quelle est la recherche la plus saisie ? »

Réponse : Facebook !

La messagerie emails de Google est Gmail et ne compte pas moins de 1,5 milliard de comptes.

Le navigateur Internet de Google s’appelle Google Chrome. Il représente 65% de parts de marché.

Youtube n’est autre que le 2ème moteur de recherches le plus utilisé au monde. (Google possède donc les 2 premiers)

1 milliard de vidéos sont visionnées chaque jour.

Android ? 85% des parts de marché dans le monde du smartphone.

Je vais m’arrêter là.

Pour résumer, chaque service écrase la concurrence.

Bien sûr, il y a eu quelques échecs tels que Google + (le réseau social), les Google Glass (lunettes à réalité augmentée)

Mais quand ça fonctionne, ça cartonne un max !

Les bienfaits de Google

Comme on vient de le voir, Google propose beaucoup de services différents et tous gratuits !

Il existe Google Search, Youtube, Gmail, Android, Google Chrome. Mais aussi Google Drive, Google Maps… et tout ça est 100% gratuit !

Imagine un peu…

Trouver n’importe quelle information sur Internet (texte, photo ou vidéo), se diriger n’importe où dans le monde, stocker et échanger des fichiers de plusieurs Gigas, avoir un smartphone abordable (comparé à l’iPhone…).

C’est accessible à l’ensemble des êtres humains. A l’exception de ceux vivant dans des pays où l’accès à Internet est contrôlé et censuré.

Que nous soyons milliardaires ou fauchés comme les blés, nous sommes sur le même pied d’égalité.

Dans ce monde d’informations et de données, l’argent n’entre jamais en ligne de compte pour les utilisateurs.

Rien que pour ça, je crois qu’on peut tous dire : « Merci Google ! ».

Mais malgré sa gratuité, Google gagne très bien sa vie.

L’utilisateur ne paye pas un rond en utilisant ces services car en lieu et place, il fournit une masse considérable de données et son attention.

C’est le business modèle de Google :

  • Capter notre attention pour nous proposer des publicités et engranger un maximum de données sur nous.
  • Utiliser nos données pour permettre aux annonceurs de cibler parfaitement de potentiels utilisateurs de leurs produits.

Un exemple ?

Youtube… 2 milliards d’utilisateurs actifs par mois en 2018 et 15 milliards de revenus publicitaires annuels.

Un utilisateur moyen de la plateforme rapporte 7,5$ / an à Google sans jamais rien payer.

C’est tout bénef pour l’utilisateur et Google alors ?

C’est vraiment parfait hein ?

Vu comme ça, tout le monde est content !

Alors, c’est bon ? On a répondu à la question ? Google est ton ami ?

« Heuuu… pas si sûr »

C’est ce qu’on va voir maintenant.

L’impact social de Google

Partage des richesses

En septembre 2019, Google accepte de payer 1 Milliard d’euros à l’Etat français pour mettre fin aux poursuites pour « fraudes fiscales aggravées » lancées en 2015.

On est plus dans l’optimisation fiscale là ! On parle de fraudes aggravées.

Google a tout fait pour essayer de trouver un accord car la note aurait pu être bien plus salée.

Mais le plus dingue, c’est que même en respectant la loi, Google paye très peu d’impôts au regard de son chiffre d’affaires.

Le gros avantage de Google vient du fait que ses actifs sont immatériels (car numériques) et accessibles à travers la planète entière.

C’est vraiment l’entreprise parfaite pour passer au travers des mailles du filet de toute régulation.

Grâce aux politiques fiscales très « conviviales » de certains pays comme l’Irlande, les Pays-Bas et les Bermudes, Google a pu exfiltrer d’Europe des sommes incroyables (on parle de 20 Milliards d’euros en 2018).

Cette technique d’optimisation entre ces 3 pays, appelée « double sandwich » était parfaitement légal jusqu’en 2020.

Et c’est là que le bât blesse.

Un géant richissime paye sensiblement moins d’impôts que le travailleur moyen.

Nos gouvernements prennent des décisions pour enrayer ces phénomènes mais avec une telle lenteur qu’on n’est pas prêt de distribuer équitablement les richesses créées.

Bref, Google n’est donc clairement pas exemplaire sur le sujet et compte perdurer en ce sens.

L’auto-suggestion

Google Search et YouTube sont les 2 principaux moteurs de recherches sur Internet au monde.

C’est-à-dire, que quand quelqu’un se pose une question, il a de grandes chances de trouver la réponse grâce à Google.

Et vous vous souvenez du business modèle ?

Capter notre attention. Nous garder le plus longtemps possible sur la plateforme.

L’un des moyens d’y parvenir est de nous proposer des réponses que l’on a envie d’entendre, en phase avec nos croyances et nos valeurs.

C’est dingue non ?

En fonction de ton historique de recherches, des liens sur lesquels tu as cliqué, Google connaît presque tout de toi.

Il sait ce que tu aimes manger, écouter comme musique, pour qui tu votes…

A partir de là, il te fournit des réponses adaptées pour ne pas trop te heurter et donc te faire fuir.

Une même requête sur leurs moteurs de recherche proposera des résultats différents suivant les personnes.

Et honnêtement, c’est dangereux.

On construit nos valeurs et croyances tout au long de notre vie.

L’un des moyens simples d’accéder au savoir et de se construire des opinions se fait via Internet.

Et avoir des résultats filtrés en fonction de nos croyances et valeurs actuelles freinera leur évolution.

On peut très vite se retrouver enfermé dans un univers numérique qui aura forcément un impact sur notre vie « réelle ».

Un conseil si tu utilises Google Search, ne crée pas de compte et navigue en mode privé.

Le mieux restant d’utiliser un autre moteur de recherche tel que DuckDuckGo qui ne conserve pas l’historique de tes recherches.

DuckDuckGo, le canard qui répond à toutes tes questions !

Manipulé à cause nos données

Loin de moi l’idée d’entrer dans une quelconque théorie du complot…

Les faits sont là malheureusement.

Google sait tout de nous parce qu’il capte toutes nos données.

Et le 2ème pilier de son business modèle est de vendre ces données en vue de permettre aux annonceurs de nous cibler et nous proposer des publicités.

Tu sais, ce 1er résultat d’une requête. Souvent, ce n’est pas la meilleure réponse à ta question.

Non, c’est tout simplement une publicité liée à ta recherche mais aussi à toutes les données te concernant.

Jusque-là rien de choquant. La publicité, y en a partout alors autant qu’elle soit ciblée non ?

Seulement il y a un hic.

Comme je le disais plus tôt, Google connaît tes préférences culinaires mais aussi tes opinions politiques…

Si tu es indécis dans ton vote à venir, Google le sait et vend cette information.

Des entreprises ou partis politiques peuvent se servir de cette information pour te cibler avec des messages précis.

On n’est plus dans de la publicité là.

On est dans de l’influence de masse en vue de construire nos « démocraties » de demain !

Bien sûr Google n’est pas le « mauvais » là-dedans. Ils n’ont aucun intérêt à influencer nos votes (et encore…). Par contre, leur business modèle permet à d’autres entreprises, beaucoup moins éthique de le faire.

L’impact écologique de Google

Les Data Centers Google polluent… presque pas

Google base tout son business sur les données. L’entreprise en stocke pour nous (Google Drive, Gmail…) et en crée chaque fois qu’on utilise un service (enregistrement de nos données personnelles).

Tout cela nécessite de nombreux serveurs. En 2016, il en fallait 2,5 millions pour faire tourner toute l’activité !

Nul doute que depuis, ce chiffre a explosé à la hausse.

Autant de matériel fait froid dans le dos.

Les data centers hébergeant tout ce matos sont gigantesques et on peut facilement imaginer le désastre écologique que cela représente.

Pourtant le géant du numérique est très fortement engagé pour réduire son emprunte carbone.

Ses investissements sont colossaux et depuis 2017, Google a un bilan carbone neutre et s’est engagé à faire tourner ses data centers avec 100% d’énergie renouvelable.

C’est vraiment louable et je les en félicite encore.

Google est un géant vertueux écologiquement, ça fait plaisir !

Le trafic Internet

Minute…

Y un petit détail qu’on oublie !

C’est que dans ce calcul, la bande passante utilisée par les internautes utilisant les services Google n’est pas prise en compte.

Après tout, ce n’est pas dépendant de Google.

C’est Internet dans son ensemble.

Ce sont les internautes donc nous les responsables, pas l’entreprise.

« Pardon ! Je ne le ferai plus… »

Oui mais en cherchant à capter toujours plus notre attention, Google nous fait utiliser de la bande passante pour son profit.

Une recherche sur Google Search coûte 0,2g de CO2. Chaque jour, on envoie 5,5 millards de requêtes. Cela représente plus d’1 tonnes de CO2 / jour ou 401,5 tonnes/an.

1 an de Google Search dans le monde revient à 338 voitures roulant 10 000 km.

C’est beaucoup certes mais au vu de l’usage on pourrait considérer cela comme « acceptable ».

Mais parlons un peu de Youtube…

Youtube, c’est de la vidéo en streaming et ça douille quand on parle écologie !

Surtout qu’on a de plus en plus droit à de l’HD, ultra-HD et bientôt la mega-ultra-giga HD… pour regarder une vidéo sur un smartphone dont l’écran n’est pas plus grand qu’une feuille de PQ.

Les services streaming de vidéos représentaient 305 millions de tonnes d’émissions de CO2 en 2018 dont 65 millions venaient de plateformes tels que Youtube, Dailymotion…

Youtube représentant 73,11% de parts de marché sur ce secteur, on peut dire que Youtube a dégagé 47,5 millions de tonnes de CO2 en 2018.

Là, ça devient critique.

Car le calcul bénéfice/coût écologique est en plus critiquable.

Certes, il existe des chaînes Youtube intéressantes. Mais soyons honnêtes, la plupart ont plus une fonction divertissante qu’informative.

Et oui, on en revient toujours au business modèle de Google : NOTRE ATTENTION !

Youtube met donc en avant les vidéos de chats, Youtubeuses beauté, vlogs rigolos…

Est-ce un plus pour le monde ?

A toi de répondre à cette question 😉

Ce qui me dérange aussi…

Les scandales

Alors ici, je ne vous parlerai des scandales liés au fait que l’intelligence artificielle de Google Photos confondent les personnes noires avec des gorilles. Ça, c’est un problème bien connu mais plus lié à l’IA qu’à Google.

Et oui, ces technologies autos-apprenantes sont construites en majorité par des hommes blancs. Du coup, on présente en grande partie des photos d’hommes blancs à la machine.

Le jour, où on sort un peu du cadre, l’IA pète un plomb !

Je ne vous parlerai pas non plus du fait qu’en novembre 2019, une « petite » erreur technique a permis à des gens de recevoir photos et vidéos d’autres utilisateurs.

Non, je ne parlerai pas de ça non plus car c’est une erreur technique…

Bon ok, je vous en ai un peu parlé quand même 🙂

Les données personnelles

Alors soyons clair, Google gère bien mieux nos données que Facebook pour la simple raison que c’est bien plus opaque.

Leurs algorithmes et leur gestion des données sont moins compréhensibles aux publicitaires qui du coup peuvent moins faire n’importe quoi.

Ça n’empêche que Google a, pendant des années, enregistré nos données sur Android, Chrome et Google + sans notre consentement.

Les personnes possédant un smartphone sous Android sans utiliser les services Google, se voyaient aspirer leurs données personnelles !

En fait, la politique de Google avec nos données personnelles est simple : « On récupère de n’importe quelle manière les data. Si on se fait prendre, on corrige et on se met en conformité. »

Vu que les ingénieurs Google vont plus vite que les lois de nos députés européens. L’entreprise a toujours un temps d’avance.

C’est ce qui fait son succès auprès des annonceurs d’ailleurs.

Les bombes puantes

L’algorithme de recherche est manipulable via un phénomène bien connu : le « Google Bombing ».

Non, ça ne ressemble pas vraiment à ça…

En utilisant des techniques pour envoyer beaucoup de monde vers un site optimisé pour certaines requêtes, on peut amener un site en 1er résultat Google.

C’est comme ça que la requête « trou du cul du web » renvoyait vers le site de Nicolas Sarkozy en 2009.

La même année, taper Michelle Obama dans Google Search Image renvoyait vers la 1re Dame photoshopée en singe (encore).

Attention à notre Attention

Tout le business modèle de Google est basé sur notre attention.

Plus on reste sur leur plateforme, plus on fournit des data et plus on est sollicité par les publicités.

L’intérêt de cette entreprise est de nous garder un maximum de temps devant notre écran d’ordi ou notre smartphone.

Pour qui veut changer le monde, c’est un véritable fléau.

Bien sûr, Google n’est pas seul. Des services comme Netflix, Facebook, Fortnite… ont la même approche.

Leur principe : « Moins vous faites quelque chose de votre vie, plus on gagne d’argent ! »

D’ailleurs, le PDG de Netflix ne s’en cache pas. Pour lui, son véritable concurrent n’est autre que le sommeil !

Si les gens n’avaient pas besoin de dormir, ils passeraient encore plus de temps sur Netflix.

Alors, Google est ton ami ?

Google permet à tout un chacun de faire un tas de choses gratuitement. C’est magique.

Cette entreprise abat les différences sociales et bravo à elle.

Mais Google est dangereux de par son business modèle.

Même si son intention n’est pas de faire de mauvaises choses, l’utilisation intensive de nos données ne peut qu’aboutir à ça.

Mon conseil avant de partir ?

Quand tu peux, évite d’utiliser les services Google pour garder ton indépendance intellectuelle et l’envie de construire ta vie.

Mais éviter les services de Google, c’est plus facile à dire qu’à faire !

En fait pas vraiment…

Si ça t’intéresse, j’ai créé un guide complet des alternatives efficaces aux services numériques qui basent tout leur business sur nos données (Google, Facebook…).

Et le plus fou, c’est que ces outils sont gratuits !

Alors pourquoi se priver ?

Pour voir la liste, c’est par ici !

PS : Contrairement à la plupart des sites, ce blog n’utilise pas le service Google Analytics pour analyser les statistiques du site. J’utilise plutôt Matomo 100% respectueux des données personnelles des visiteurs.

Sources :

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