Coronavirus et Environnement : Quelles Leçons en Tirer ?

On sort juste du confinement et voilà que je tente déjà de tirer des leçons de cette crise sanitaire.

D’aucuns diraient que tel Kelly Slater je surfe sur la vague…

Pourtant, le déconfinement est là, juste devant nous.

Peut-être même que tu lis ces lignes après le 11 mai 2020, date du premier (et dernier j’espère !) déconfinement.

Alors, je t’arrête tout de suite, je ne vais pas faire de politique, te dire que le gouvernement gère la crise comme un champion ou comme un girafon qui découvre le monde.

Je ne suis ni spécialiste de la prévention sanitaire, ni un expert de la critique acerbe…

Je ne te parlerai donc pas du manque de masques, du Pr Raoult, de la gestion des tests…

Non, je souhaite plutôt aborder le lien entre coronavirus et environnement puis voir si on peut en tirer un enseignement.

Ça peut paraître moins passionnant que tous ces sujets polémiques qui abreuvent nos télés et les réseaux sociaux…

Promis, je vais essayer de rendre tout ça le moins chiant possible.

Coronavirus et Environnement : les Conséquences

Coronavirus, Environnement et Consommation

Alors qu’un peu partout on commence à reprendre certaines activités, il y a eu, au plus fort de la crise, des pays entiers à l’arrêt.

On a connu 3 milliards de personnes confinées. C’est 40% de la population mondiale !

Ça représente un arrêt brutal de la consommation comme de la production.

Par exemple à Wuhan, berceau de l’industrie Chinoise, le confinement complet de la population s’est traduit par une fermeture de la plupart des usines qui inondent le monde de produits divers et variés.

Dans cette région, on produit des gadgets tout pourris comme des iPhones.

Du jour au lendemain, le gouvernement chinois décide de tout fermer.

Déplacements comme production. Chacun chez soi !

Même si la ville de Wuhan était peu connue jusque-là, elle ne compte pas moins de 8,9 millions habitants.

Et empêcher autant de personnes de se déplacer, de faire tourner des usines et de consommer, ça se voit depuis l’espace !

Ces images ont tourné un peu partout, mais je ne m’en lasse pas…

Et le NO2 (Oxyde d’Azote) n’est pas sans danger. C’est un gaz toxique.

Ces deux images sont très parlantes mais je sais que parmi mes lecteurs il y a des matheux.

Des gens qui aiment bien les chiffres et les courbes.

Alors, si c’est ton cas, tu vas être gâté avec la courbe du CO2 :

En rouge, on voit que l’émission de CO2 reste faible même après le nouvel an chinois

Arrête l’économie de la planète et c’est toute la planète qui retrouve son état naturel.

A ceux qui se marrent quand on parle d’impact direct entre consommation et écologie, on pourra dorénavant leur montrer ces images…

Coronavirus, Environnement et Transports

Confiné chez soi rime avec dépression, envie de se pendre ou de divorcer…

C’est super joyeux dis-moi le confinement ?!

Mais 3 milliards de personnes confinées, des frontières fermées un peu partout et c’est toute l’industrie du transport aérien, ferroviaire et routier qui en prend un coup.

Le fret maritime est lui aussi fortement impacté mais plus à cause de la chute de la consommation.

Le transport aérien

En 2018, on estime que le transport aérien a dégagé 895 millions de tonnes de CO2 soit 2,1% des émissions liées à l’homme.

De plus, entre 2010 et 2019, le nombre de passagers transportés en avion a doublé. La tendance était donc plutôt bonne pour les compagnies aériennes… et catastrophique au niveau planétaire.

Et voilà qu’un tout petit virus vient rabattre les cartes de cette dynamique. 

2020 est vraiment une année noire pour toutes les entreprises du secteur aérien.

Les avions sont cloués au sol.

Air France, Lufthansa et d’autres ont annulé 90% de leurs vols et cela risque de continuer encore quelques mois car déconfinement ne signifie pas réouverture des frontières.

C’est un tsunami économique et social pour les compagnies aériennes dont certaines risquent de disparaître.

Là encore, on voit s’opposer économie et environnement…

Le Transport routier

Les voitures sont laissées au garage pendant cette période…

Ça se voit et se sent.

Surtout dans les grandes villes.

Selon l’université de Columbia, à New-York, depuis le début de l’année, la circulation a baissé de 35% ; ce qui représente 5 à 10% d’émissions de CO2 en moins.

En région parisienne, c’est tous les jours dimanche car plus aucun bouchon !

Et ça se mesure aussi : -70% des concentrations quotidiennes en NOx.

Le NOx est un groupe de gaz hautement réactifs responsables de pluies acides et de problèmes respiratoires chez l’homme.

Quand on estime à 48 000 le nombre de décès / an liés à la pollution de l’air, on est tenté de se demander si le coronavirus n’a pas sauvé des vies.

Qui a dit que je provoquais délibérément ?!

Non, ce n’est pas mon genre 😉

Mais, avec ce type de réflexion, il faut faire attention à ne pas se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Si on reprend notre vie comme avant, ces gens n’auront pas été sauvés. 

Le coronavirus ne leur aura donné qu’un répit de quelques semaines…

Les Impacts négatifs du Coronavirus sur l’environnement

Car oui, il y en a !

C’est le trimestre record pour toutes les plateformes de videos en streaming.

Netflix, Amazon Prime…

Et je ne parle même pas de Pornhub qui a vu son trafic grimper de 11,6% depuis le début de la crise.

Si ? J’en ai parlé ? Ah, mince alors…

C’est aussi le trimestre pendant lequel, on ne voit sa famille, ses amis, son prof et/ou ses collègues de travail que par Zoom ou Skype (logiciels de téléconférence).

La consommation de data a donc littéralement explosé !

Quand, en 2018, l’utilisation d’Internet a généré 300 millions de tonnes de CO2. On peut d’ores et déjà prévoir une forte hausse en 2020 !

Et puis, au niveau mondial, la consommation de masques, blouses, gants en plastique a bondi à tel point qu’on n’arrive plus à se fournir.

On utilise et on jette beaucoup plus par peur de contamination.

Par exemple, Starbucks a arrêté de servir le café dans des récipients réutilisables pour n’utiliser plus que des tasses jetables.

Et ce type d’initiatives se retrouvent dans plein d’industries.

Malgré ça, la crise du Covid-19 présentera une balance environnementale très positive !

Dans ce contexte, doit-on repartir comme avant histoire de rattraper ce premier semestre aux résultats économiques catastrophiques ?

Ou alors, doit-on continuer à vivre confiné, triste et pâlichon pour sauver la planète ?

Pendant que nos responsables politiques se chamaillent pour savoir s’il faut enlever 1 RTT ou 1 Congé Payé aux français pour relancer l’économie,

Je suis partisan de prendre un peu de hauteur…

Coronavirus et Environnement : Et Maintenant On Fait Quoi ?

Le télétravail

Un truc dingue s’est mis en place en quelques heures.

Le 16 mars 2020, le gouvernement annonce la mise en place du confinement pour tous les français.

Exception faite pour les travailleurs qui ne peuvent pas pratiquer le télétravail.

Le 17 mars à midi : rideau. Plus personnes dans les rues, sur les routes et dans les transports en commun.

Beaucoup d’entreprises ont fermé, mais énormément ont mis leurs salariés en télétravail.

De par mon métier, j’ai dû continuer à aller bosser chaque jour.

Pourtant, 90% du personnel administratif a pu bosser de chez lui. Ça représente des dizaines de personnes juste dans mon entreprise !

On a su se réorganiser et continuer à fonctionner efficacement.

Et j’imagine que de nombreuses boîtes ont fait de même.

Il y a 3 mois, personne n’osait demander à son patron de faire du télétravail.

Et les rares qui ont soumis l’idée se sont souvent entendus dire :

« Nannnnn… Pas possible »

Dans l’inconscient collectif : Télétravailler = Glander sur son canapé.

Cette période aura mis fin à cette idée reçue.

Bien sûr, télétravailler à 100% n’est pas forcément enviable ni pour le patron, ni pour l’employé.

Le travail est aussi, une opportunité de lien social et de projets collectifs.

Ceux qui ont pratiqué le télétravail pendant cette période n’ont souvent qu’une envie : retourner sur le terrain.

Mais pourquoi pas 2 à 3 jours de télétravail / semaine ?

Cela réduirait fortement notre impact carbone lié aux transports.

Je suis convaincu qu’on retiendra cette leçon !

Même si le télétravail va sûrement bouleverser notre organisation professionnelle, il ne changera pas notre vie en profondeur.

Donc, passons maintenant aux choses sérieuses …

L’origine de la maladie

Alors certes, les américains accusent les chinois d’avoir laissé le virus s’échapper d’un laboratoire d’infectiologie à Wuhan.

Alors certes, les chinois accusent les américains d’avoir ramené le virus à Wuhan pendant les Jeux Mondiaux Militaires fin 2019.

Alors certes, les plus sceptiques accusent un pangolin américain d’avoir mordu un laborantin chinois pour se venger de ne pas avoir été sélectionné pour les Jeux Mondiaux  Militaires de Wuhan…

De mon côté, j’ai tendance à croire  les scientifiques qui s’accordent à dire que l’origine de ce virus semble plutôt être une transmission d’un animal à l’homme. 

Ce qui est étrange, c’est qu’en 20 ans, on observe l’émergence d’autant de nouveaux virus  : grippe H1N1, SRAS, Covid-19…

Et plus de 2/3 des maladies émergentes sont des pathologies dont l’agent infectieux est d’origine animale.

Une explication avancée par les scientifiques est que les territoires d’habitats et de cultures de l’homme ne cessent de s’étendre.

Entre 1980 et 2000, 100 millions d’hectares de forêts tropicales ont été détruits.

Or, l’être humain utilise la biodiversité autour de lui pour se nourrir et commercer.

Ainsi, ce n’est pas un hasard si ce virus est né à Wuhan, aux abords du marché aux animaux « exotiques ».

La vraie question est là :

Après les incendies dévastateurs de la forêt Amazonienne en 2019, après l’émergence de nouvelles maladies dévastatrices…

Doit-on continuer à grappiller mètre après mètre, les territoires sauvages afin de cultiver en masse pour :

•  Nourrir les animaux destinés à être mangé (70% de la culture du soja sur terre est destiné à l’industrie de l’élevage)

•  Gaspiller autant de produits de consommation (entre les invendus de la grande distribution et la mauvaise gestion des consommateurs)

Jusqu’à aujourd’hui, on pensait ces réflexions, utopistes et menés par des bobos à vélo

Seulement, on se rend compte maintenant que ne pas mener cette réflexion peut avoir des conséquences directes et catastrophiques pour notre santé et notre économie.

Tu l’auras compris, il est temps changer les choses maintenant et de repenser notre société.

Coronavirus et Environnement : pour un nouveau projet de société.

Clairement, le Covid-19 a mis en évidence que notre mode de vie actuel implique un choix :

Sauver l’économie ou Sauver la planète ?

A l’échelle d’un gouvernement, qui a pour principal objectif de rester au pouvoir pour imposer sa vision du monde, il est primordiale de sauver l’économie.

Car qui dit casse sociale, dit mécontentent dans les urnes.

Une vision long terme ?

« C’est pour les crétins ou les dictateurs… »

Il ne faut donc rien attendre du côté des politiques.

En plus, parler de décroissance et imposer à la Chine, l’Inde et au Brésil de ne pas faire ce qu’on a fait pendant 2 siècles ?

Là, on est dans de l’utopie naïve.

Il faut donc miser sur les entreprises privées, les associations et les individus pour changer les choses.

Il faut investir massivement dans une économie bleue pour reprendre le concept cher à Gunter Pauli (Entrepreneur à succès de l’économie bleue).

C’est-à-dire, faire de l’écologie un cercle vertueux plutôt qu’uniquement un coût ou du recyclage (coût aussi).

Là encore utopie ?

Non !

L’économie bleue, c’est du concret.

On a affaire à de véritables écosystèmes économiques vertueux où les déchets de chaque activité sont valorisés.

On parle là d’entreprises à but lucratif qui créent des emplois, de la valeur et du sens sans détruire, à aucun moment, l’environnement.

De nombreux projets « bleus », ont vu le jour aux 4 coins du monde !

Il y en a tellement, qu’on pourrait en écrire un livre… et c’est justement ce qu’a fait Gunter Pauli !

Coronavirus et Environnement : le Bilan

Ce petit virus de rien du tout, qu’on appelle Covid-19 a foutu un joli bordel sur la planète.

La crise des sub-prime, la bulle Internet ou le choc pétrolier ne sont rien comparé à ce qui nous arrive aujourd’hui.

Combien de temps va durer cette crise ?

Peu importe…

Ce qu’il faut retenir est ce qu’elle nous a enseigné.

Va-t-on continuer à devoir faire un choix entre économie et écologie ?

Ou bien va-t-on créer une nouvelle économie plus pérenne socialement et pour la planète.

Il ne faut pas l’attendre de nos gouvernements ou des grandes entreprises.

Il faut initier le changement maintenant et au niveau local.

Et si tu as un tel projet, je suis prêt à t’accompagner selon mes modestes compétences… alors n’hésite pas à me solliciter !

Sources :

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