Acheter une Voiture Responsable

La voiture c’est le mal !

Ça pollue, ça fait du bruit et ça peut tuer brutalement (surtout après une demie bouteille de Ricard)…

Quand je dis que je me déplace principalement en voiture, j’ai honte… je sens le regard inquisiteur de mon interlocuteur.

Mais voilà. Je n’ai pas le choix.

Je n’habite pas à Paris. Le réseau de transport en commun n’est pas terrible. J’habite à 50km de mon boulot et je pars de chez moi à 5h du matin…

Autant dire que sans voiture, je me retrouve au chômage.

Déménager ?

J’y ai pensé mais dans ce cas, ma compagne devra faire le même trajet en sens inverse et ses horaires sont encore plus pourris.

Je ne me plains pas. Des gens comme moi, il y en a à la pelle. Seulement merci de ne pas nous juger s’il vous plaît.

Bien sûr, on aimerait faire autrement, bien sûr on a conscience de l’impact écologique de chacun de nos trajets. Mais, on n’a pas le choix !

Face à ce constat, une solution. Puisque je n’ai pas d’autre option que de faire 100km par jour en voiture autant le faire le mieux possible.

C’est ainsi qu’au début, je me suis intéressé uniquement aux voitures les plus écologiques. Mais cela aurait été trop simple. J’ai voulu trouver LA voiture responsable. C’est à dire, une voiture écologique et made in France.

Même si on ne change pas de bagnole tous les ans, peut-être que cet article vous aidera si vous aussi vous souhaitez acheter une voiture responsable (sans vous ruiner).

Acheter une Voiture éco-Responsable

On va commencer par le gros morceau. C’est à dire comment choisir une voiture écologique ?

Si vous souhaitez partir sur un moteur thermique (essence ou diesel), partez sur celle qui dégage le moins de CO2/km.

Evitez quand même les diesels car elles dégagent en plus un taux de particules fines plus important. Même si c’est de moins en moins vrai sur les nouveaux modèles.

Au niveau dégagement de CO2/km, tous les constructeurs annoncent la couleur. Bien sûr, les chiffres officiels sont plus ou moins éloignés de la réalité mais depuis la découverte des scandales Volkswagen, ils le font tous discrètement. On peut, aujourd’hui, comparer un véhicule à un autre suivant les données constructeurs.

Mais pour être honnête, essence ou diesel, moi ça ne me convient pas du tout.

Non. Moi ce qui m’intéresse, c’est qu’on parle ensemble de voiture électrique, hybride, GPL, hydrogène… des voitures qui essayent de faire mieux que les standards existants !

C’est ce qu’on va voir maintenant.

La voiture électrique

Sur le papier, la voiture électrique, c’est l’idéal. On a affaire à un véhicule qui ne dégage pas du tout de CO2.

Sur le papier, c’est bien mais en réalité, ça donne quoi ?

Les fans de moteurs thermiques se plaisent à le rappeler :
« Hé Ducon ! L’électricité, elle pousse sur les arbres ? »

Bon, on peut rester poli aussi…

Et si ça s’arrêtait là. Mais même pas !

Ces même détracteurs vous diront : « Une voiture électrique est plus polluante à construire. Et le recyclage de la batterie au Lithium ? Vous y pensez un peu ? »

Mouai… ça commence à être compliqué de défendre la voiture électrique.

Heureusement que des spécialistes se sont penchés sur le sujet pour nous aider à nous Y retrouver.

D’abord : Oui, une voiture électrique est plus polluante à produire.

Selon l’ADEME (Agence De l’Environnement et la Maîtrise de l’Energie), il faut environ 70.000 MJ pour fabriquer une voiture essence ou diesel contre 120.000 MJ pour une électrique. On parle quasiment du double là !

« Damn… ça commence mal ! »

On est qu’au début de l’industrialisation de ce type de véhicule. Nul doute que les constructeurs vont faire des progès dans ce domaine et réduire l’énergie dépensée (qui pour eux représente un coût !).

Ensuite, effectivement l’électricité ne pousse pas sur les arbres (du moins pas encore).

Mais l’essence non plus ! Il faut de l’énergie pour l’extraire et la raffiner. Mais admettons que non. Soyons beau joueur et imaginons que les cuves de nos stations services se remplissent comme par magie d’essence prête à être consommée.

L’ADEME a aussi calculé le dégagement de CO2 réel d’une voiture électrique à partir du parc de production d’électricité en France.

On remarque que le nucléaire a la part belle. Bien que cela soulève d’autres questions environnementales, le dégagement de CO2 pour produire 1kW y est très faible.

Dans ces conditions, une voiture électrique dégage de 14 à 20 gCo2/km contre 140 à 210 gCO2/km pour une essence !

Verdict : Une voiture électrique doit parcourir 40 000km pour compenser son coût environnemental supérieur à la fabrication.

Après, c’est tout bénéf !

Et on imagine mal une voiture partir à la casse après avoir parcouru seulement 40 000km.

Mais ces chiffres sont valables uniquement pour la France. En effet, chez les allemands qui ont misé sur la production électrique au charbon, une voiture électrique dégage à peine moins de CO2/km qu’un véhicule thermique.

L’ADEME (encore eux) estime qu’en Allemagne, un véhicule électrique devra rouler 160 000km pour devenir « rentable » écologiquement. Là, c’est plus problématique.

Bilan, la voiture électrique est une voiture responsable écologiquement… en France !

« Hourra ! Vive l’électrique ! »

Ah ! Et j’ai failli oublié de parler du recyclage des batteries !

On a fait des progrès en 20 ans. Aujourd’hui, en France, les principaux constructeurs ont confié à la SNAM le soin de collecter et recycler les batteries de voitures. Cet organisme permet de valoriser 85% des batteries usagées.

Et puis entre les smartphones et les voitures, on est en train de révolutionner le monde de la batterie avec ici ou là les premières expérimentations de batteries sans cobalt ni nickel…

Il semblerait donc que l’électrique ait un bel avenir chez ceux qui veulent acheter une voiture responsable !

Mais la concurrence est rude.

Les voitures hybrides

On pourrait faire simple… mais on a préféré faire compliqué.

Il n’existe pas une seule et unique voiture hybride. Il en existe plusieurs !

Leur point commun ?

Elles ont toutes 2 moteurs : 1 thermique (essence ou diesel) et 1 électrique. Et on alterne entre les deux automatiquement pendant qu’on conduit.

Mais la gestion de la batterie alimentant le moteur électrique varie selon les modèles.

Les hybrides rechargeables doivent se brancher sur secteur pour recharger la batterie.

Et les hybrides non-rechargeables, comme leur nom l’indique, n’ont pas besoin de se brancher. Elles utilisent l’énergie créée lors des phases de décélération et de freinage pour recharger leur batterie.

C’est intéressant quand on vit, comme moi, en appartement sans place de parking fixe. Et oui, pour les citadins sans parking fixe, la voiture électrique ou hybride rechargeable n’est pas une option !

La plupart du temps, quand on parle de voiture hybride, on parle de non-rechargeable. Sur le marché français, en 2018, 87% des voitures hybrides vendues étaient non-rechargeables.

Ça peut se comprendre après tout… l’hybride rechargeable est une sorte de moitié thermique, moitié électrique avec les inconvénients des deux modèles.

Pour faire simple, les usages entre ces 2 types d’hybrides sont différents. Quand la rechargeable permet de faire un certain nombre de km en tout électrique, la non-rechargeable permet de rouler en électrique à des vitesses de moins de 50km/h.

Pour être franc, je ne comprends pas l’intérêt d’acheter une rechargeable… autant en acheter une tout électrique !

Passons maintenant à ce qui nous intéresse :

« Alors cette hybride, elle pollue ou pas ? »

J’aurai tellement aimé vous sortir une réponse simple du type :

« Ça pollue moins qu’une thermique mais plus qu’une électrique… »

Mais malheureusement, je ne peux pas !

J’en ai marre !
« Mais pourquoi tu fais toujours compliqué ?! »

Une chose est sûr, c’est qu’elle polluera toujours plus qu’une électrique car à chaque fois que vous basculerez sur votre moteur thermique, vous dégagerez du CO2.

Rappelons que ce type de véhicule est aussi plus énergivore qu’une thermique à fabriquer.

La vrai difficulté arrive quand on souhaite comparer une hybride non-rechargeable à une voiture essence ou diesel.

Car le vrai, le gros, l’immense problème d’un véhicule hybride, c’est que c’est ultra-lourd !

Et oui, 2 moteurs, 1 batterie… on est loin de la voiture légère et souple.

Et comme vous vous en doutez, plus un véhicule est lourd, plus il consomme d’énergie.

Faites rouler 2 modèles identiques à la même vitesse, un essence et un hybride uniquement sur son moteur thermique et mesurez leur dégagement de CO2. Le véhicule hybride sera beaucoup plus polluant. (…à cause de son poids)

De plus, chaque constructeur arrive plus ou moins bien à recycler l’énergie cynétique (freinage) en électricité. Du coup, les performances sont difficiles à comparer de manière générale. Il faut à chaque fois comparer un modèle précis avec un autre.

Mais heureusement, on peut quand même dégager de grands principes.

Ainsi, si vous conduisez surtout en ville, une hybride tournera souvent sur son moteur électrique et donc polluera moins qu’une essence ou un diesel.

Si par contre, vous faites beaucoup de route ou autoroute, les bénéfices écologiques d’une hybride seront fortement réduits voire nuls ou négatifs !

Bilan, l’hybride dépend vraiment des usages… Mieux que le thermique en ville, moins bien que l’électrique dans tous les cas.

Les voitures Originales

Je sens bien votre esprit de contradiction et je devine déjà la question en train de naître dans votre esprit :
« Et le GPL ? Et l’éthanol ? Et j’ai vu un reportage sur l’hydrogène, c’est l’avenir ça ! »

Effectivement, il existe d’autres alternatives.

Le GPL rejette 18% de gaz à effet de serre en moins par rapport à l’essence ou le diesel. Il ne dégage pas ou peu de particules fines.

C’est pas mal tout ça !

Effectivement, cela peut être intéressant. Seulement, le hic, c’est qu’en France, de moins en moins de pompes nous permettent de nous ravitailler en GPL.

C’est vraiment dommage. Dans certains pays, pourtant, c’est vachement plus développé. Ainsi, en Thaïlande, pays cher à mon cœur, on peut voir tous les taxis rouler au GPL !

Mais s’il n’y pas de pompes à côté de chez soi, on oblige les conducteurs à aller chercher des pompes de plus en pus loin. Polluer 18% de moins mais devoir rouler 18% de plus uniquement pour faire le plein… on perd tout l’intérêt d’acheter une voiture au GPL.

Il en va de même avec l’éthanol. Ok c’est tentant mais si c’est pour parcourir la région pour un plein… bof. Perte de temps et d’impact écologique.

Quand à l’hydrogène, effectivement les avantages sont intéressants.

Pas de dégagements de CO2. Et contrairement à l’électrique, pas besoin d’attendre une demi-heure comme un couillon pour faire le plein.

C’est pas mal non ?

Chien sceptique
« Ça sent l’embrouille ton truc quand même »

Oui sauf que produire de l’hydrogène, c’est coûteux et peu comme l’électrique être polluant suivant le procédé de fabrication. Pour produire de l’hydrogène « propre » en France, il faudrait des investissements massifs !

Et puis, une station service qui fournit de l’hydrogène coûte 30 fois plus cher à construire. On n’est pas près de pouvoir faire le plein à côté de chez nous. Et sans station service, aucune chance de voir ce marché se développer.

On fera peut-être des progrès dans ce secteur mais pour l’instant, ce n’est clairement pas une option en tant que conducteur éco-responsable.

Acheter une Voiture Responsable : Made in France

Faisons le tri…

On vient de voir quels types de voitures acheter pour avoir un minimum d’impact écologique.

On va s’atteler à préciser notre choix en fonction de l’impact social qu’aura notre future nouvelle voiture.

Certains vous diront :
« Il faut acheter PSA ou Renault ! C’est de la marque française… »

Ce n’est clairement pas, pour moi, un gage de participation positive au dynamisme local.

Pourquoi ?

Et bien, tout simplement car ce sont des grands groupes et que comme les GAFA, ils usent et abusent de l’optimisation fiscale (je ne parle pas de fraude…).

Carlos Ghosn et l’optimisation fiscale
« Je n’ai quasiment rien mis de côté. Parole de Carlos Ghosn ! »

Résultats ?

Ok l’entreprise est française mais, à part les banques luxembourgeoises ou Irlandaises, personne ne gagne grand chose.

Je ne vais donc pas parler de voitures dont le siège est en France.

Non, les voitures qui nous intéressent sont les voitures qui sont fabriquées en France… peu importe l’origine du constructeur.

Dans ce cas de figure, l’entreprise a embauché des employés selon le respect des normes et lois françaises. Elle a au moins payé ses charges sociales en France et participé au dynamisme local.

Ainsi, la main d’œuvre est respecté et les « bénéfices » sont indirectement taxés.

Bien que ce ne soit pas parfait, je considère cela comme acceptable. On se contente de peu de nos jours…

Des constructeurs fabricants en France, on en trouve plusieurs :

  • Renault
  • PSA
  • Nissan
  • Toyota
  • Bugatti (et oui, surprenant non ?)

On retrouve aussi tout type de voitures :

  • essence, diesel, hybride ou électrique
  • Petite voiture comme SUV
  • Sportive ou économique

Le choix est vaste…

Seulement je n’ai pas trop envie de renier l’impact environnemental au bénéfice de l’impact social.

On va donc axer notre recherche sur les véhicules électriques ou hybrides.

Et comme, je disais un peu plus haut, le poids du véhicule est important. Plus il est lourd, plus il consomme d’énergie.

Je vais donc éliminer directement les SUV et autres gros modèles.

Bien qu’en France on produise des 308, 508, Nissan Micra, Talisman, C5 Aircross, DS…

Après avoir appliqué mon filtre, il ne nous reste que 2 modèles :

  • La Toyota Yaris Hybride
  • La Zoé de Renault

Comparons ces 2 modèles.

Commençons par la Toyota Yaris Hybride. Comme son nom l’indique, c’est une hybride.

Toyota Yaris Hybride
Voilà la bête !


Elle est fabriqué à Valenciennes et Toyota prévoit d’y sortir la 4ème génération durant l’été 2020… Donc aucune prévision de délocaliser la production à court ou moyen terme.

L’autre avantage est que Toyota fait partie des pionniers dans l’hybride. Leur technologie est donc mature et les performances écologiques sont souvent au-dessus de leurs concurrents.

Son prix à l’achat commence à 19 150€ (au 18/01/2020).

Face à elle, on retrouve une tout électrique : la Zoé de chez Renault.

Et l’autre bête…

Elle est fabriquée à Flins (oui, c’est en France !) depuis sa création en 2013.

Elle a une autonomie de 390km annoncée par Renault. Donc pour parcourir cette distance, il vous faudra rouler doucement, sans chauffage ni clim…

Reste que, même pour moi qui roule 100km par jour, pour aller bosser, ça suffirait.

On peut l’acheter à partir de 23 900€ et louer la batterie suivant le kilométrage parcouru :

  • <= 7500 km/an : 74€/mois
  • > 7500 km/an : 124€/mois

Laquelle est la plus économique ?

Financièrement, il est difficile de comparer ces 2 modèles. En effet, vu comme ça, il semblerait que la Zoé soit beaucoup plus chère : 4 750€ plus chère à l’achat auxquels il faut rajouter 124€/mois…

Les bonus écologiques et frais de cartes grises sont différents et vous permettrons de réduire l’écart à l’achat d’environ 2000€. Mais la différence semble rester encore conséquente non ?

Alors, faisons un rapide comparatif des coûts à l’usage quotidien.

Les frais d’entretien :
Dans une électrique, il n’y a quasiment pas de pièces mécaniques. Si vous soulevez le capot, vous ne verrez rien d’autre qu’un coffre…

Et ça se retrouve dans notre budget !

Selon l’AVERE (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique), les coûts d’entretien en moins sont de l’ordre de 30% pour une électrique.

Selon des sources un peu plus objectives, on se retrouve autour de 25% de frais d’entretien en moins entre une électrique et une thermique.

Ainsi, sur les 400€ (fourchette basse) de frais annuels estimés pour une thermique, on économise 100€/an.

Les frais de consommation :
Difficile de faire le comparatif ici. Car comme on l’a vu plus tôt, les performances dépendent énormément de l’usage que l’on en fait.

Cependant, plusieurs études se retrouvent autour des chiffres suivants :

  • en milieu urbain : 2,62€/100km en électrique contre 3,45€/100km pour une hybride
  • en milieu urbain + route : 3,65€/km contre 4,38€/100km

Bilan :
Si on prend mon cas, je parcours 25 000km/an en milieu urbain + route (plus route que urbain mais bon…).

En électrique, j’en ai pour 912,5€ + 1488€ de location de batterie. Soit 2 400€.

En hybride, cela me reviendrait à 1095€ (+100€ de frais d’entretien supplémentaire)

L’électrique est donc plus chère que l’hybride dans mon cas. Mais plus vous roulez en ville, plus cet écart diminue.

Pour faire simple, acheter électrique est (aujourd’hui) surtout intéressant en terme d’impact écologique et moins au niveau économique.

Acheter une Voiture Responsable : le Bilan

Quelle conclusion tirer de tout ça… Quelle voiture responsable acheter ? C’est à dire quelle voiture éco-responsable et « Made in France » acheter ?

Résumons très simplement :

  • si vous avez la possibilité de charger sur secteur votre voiture : choisissez la Zoé de Renault (et même si vous faites beaucoup de route ! Car 390km, on ne les fait pas tous les jours…)
  • Sinon, optez pour la Toyota Yaris Hybride.
  • Si vous êtes ric-rac financièrement, partez sur la Toyota Yaris Hybride.

Mais avant d’aller chez votre concessionnaire préféré, rappelez-vous que la voiture n’est pas et ne sera jamais le moyen de locomotion le plus responsable.

Préférez toujours les transports en communs, la marche, le vélo, la trottinette (électrique ou pas)…

Et si pas d’autres choix que de prendre la voiture, pensez au co-voiturage. Blablacar est notre ami !

Et pour découvrir pourquoi consommer responsable et l’expliquer à sa grand-mère, il existe un petit guide bien sympa !

Sources :

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